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Article

21 avr 2026

Auteur:
Public Eye

Guatemala : Les travailleurs des plantations de bananes fournissant Chiquita seraient victimes d'abus en matière de conditions de travail et exposés à des fongicides, selon Public Eye

Allégations

"Toxic bananas - Les corps brisés de Chiquita", 21 avril 2026

...Dans les plantations sous-traitées par Chiquita, les ouvriers agricoles aux figures émaciées se faufilent entre les bananiers, bottes en caoutchouc enfoncées dans la boue noire, machettes affûtées à la ceinture. Tous savent que la journée sera longue : dix heures, parfois douze, pour un salaire dérisoire – souvent en dessous des minima légaux.

José Maldonado* se frotte machinalement les avant-bras, gêné par les démangeaisons occasionnées par les pesticides épandus. Ses mains racontent, mieux que ses mots, des années de labeur : noueuses et taillées de cicatrices, une plaie encore à vif. « Le corps humain n’est pas une machine », souffle-t-il en montrant sa dernière fiche de paie. 1198 quetzals ; en net à peine 105 francs pour deux semaines de travail. C’est 35% de moins que le salaire minimum national agricole...

... Ses frères Rogelio* et Luis* répètent les mêmes gestes, respirent le même air chargé de produits chimiques et comptent les mêmes quetzals à la fin de la quinzaine.

... Partout, les mêmes récits : fatigue extrême, salaires insuffisants, exposition non protégée aux produits chimiques, entraves à la liberté syndicale. La totalité des plantations que nous [Public Eye] avons visitées dans le sud, là où on l’on a observé les pires conditions, sont pourtant certifiées Rainforest Alliance...

Notre enquête documente une exploitation manifeste des travailleurs et travailleuses de la banane, des violations de leurs droits fondamentaux et des conditions de travail contraires aux normes internationales...

Malgré ces constats répétés, Chiquita ne démontre pas l’existence d’une diligence raisonnable effective tout au long de sa chaîne de production. La multinationale s’appuie sur un réseau de fournisseurs et d’exploitations agricoles sous contrat, tout en externalisant les risques sociaux, sanitaires et humains, sans mécanismes crédibles de prévention, de contrôle indépendant ou de réparation pour les travailleurs et travailleuses affecté·e·s – un manquement aux devoirs de vigilance pourtant attendus d’une entreprise domiciliée en Suisse. Interpellée, la multinationale d’Etoy n’a pas donné suite aux questions de Public Eye...

En avril 2026, le Centre pour les Droits Humains et les Entreprises a contacté Agria pour lui demander de réagir à ces allégations, mais l'entreprise n'a pas répondu.

Public Eye a également contacté Chiquita pour obtenir ses commentaires, mais l'entreprise n'a pas répondu.

Chronologie