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Article

15 Feb 2026

Author:
farmlandgrab.org

Afrique/Asie: Un film retrace la bataille judiciaire engagée par les communautés locales contre Bolloré et sa filiale Socfin

Allegations

"Pilleurs de terres, un film sur les exactions de Bolloré en Afrique et en Asie", 15 février 2026

La galaxie Bolloré est aussi présente en Afrique et en Asie , au travers de sa filiale, la Socfin. Les exactions de la Socfin sont connues(1).Le documentaire "Pilleurs de Terre"(2) de Fanny Paloma décrit la lutte contre la Socfin-Bolloré des riverain.es des plantations de palmiers à huile au Cameroun et d'hévéas au Cambodge.

Au Cameroun, des paysans et des paysannes ont intenté un procès contre Bolloré, parce que la Socapalm, filiale de la Socfin-Bolloré, les ont expulsés de leurs villages ,leur ont interdit l'accès à la forêt, et ont pollué leurs terres. La Socfin Bolloré a été condamnée en 2024 à verser 140 000 euros aux plaignants, en s'appuyant sur la loi sur le devoir de vigilance des multinationales. Cette loi a été votée en 2017, suite à l'effondrement du Rana Plaza au Bengladesh. Une directive analogue a été adoptée en 2024 au niveau européen, rapidement détricotée sous la pression des multinationales.

Au Cambodge, des membres de la communauté Bunong ont déposé plainte contre Bolloré, pour accaparement de leurs terres ancestrales. Ils et elles exigent une restitution de leurs terres , et un versement d'une compensation d'au moins 30 000 euros par personne. Ils ont saisi la justice française pour obtenir les comptes rendu d’assemblée générale de manière à prouver la responsabilité du groupe Bolloré dans les décisions prises par Socfin. La procédure à été complexe, les plaignants ont eu des difficultés pour avoir un visa, et finalement, en 2021, ils ont été déboutés de leur demande.

Le documentaire suit les démarches des deux communautés dans le cadre de ces procès, avec l'aide de réseaux d'activistes et d'avocats. Il montre les conséquences de l'accaparement des terres sur la vie quotidienne et sur la culture des populations affectées. Il décrit aussi les implications de la loi sur le devoir de vigilance des entreprises.

"J’ai réalisé ce film, dit Fanny Paloma, parce que j’ai rencontré des personnes qui ne se battent pas pour « avoir plus », mais simplement pour continuer à être ce qu’elles sont, et ça m’a bouleversée. Mes origines chiliennes, marquées par la violence politique, les silences et l’exil, m’ont rendue très attentive aux récits qu’on efface (notamment autour de la terre et de l’héritage colonial) et en découvrant le procès contre le groupe Bolloré au Cambodge et au Cameroun, j’ai compris que cette lutte dépasse le local pour incarner des enjeux humains et écologiques globaux que je voulais raconter."