Projet EACOP de TotalEnergies: les opposants espèrent un dernier sursaut judiciaire à Kigali
Une trentaine d’Ougandais affectés par le projet EACOP [pour East african crude oil pipeline] ont fait le déplacement jusqu’à Kigali pour assister à l’audience. Parmi eux, John Lubega Nsamba, qui représente son père, dont les terres familiales situées dans le district de Kyotera, près du lac Victoria, sont directement menacées par le tracé de l’oléoduc.
« C’est la terre qui nous nourrit, pointe-t-il, c’est notre héritage, nous n’avons jamais voulu la vendre ! Et le projet EACOP arrive et veut nous prendre nos terres à un prix très bas. En plus, quand on regarde les questions environnementales, on ne veut pas qu’un oléoduc traverse nos parcelles, pas même qu’il s’en approche. »
En première instance, la cour régionale avait rejeté le dossier des quatre ONG d’Afrique de l’Est, arguant que le recours avait été déposé trop tard après la signature des accords gouvernementaux en 2017. Un verdict vivement contesté par les plaignants et leurs avocats, dont David Kabanda et Dickens Kamugisha, président d’AFIEGO.
« Ces accords n’étaient pas publics. Nous n’en avons appris l’existence qu’en 2020 ! Nous avons toujours l’espoir que la cour d’appel reconnaîtra que des personnes souffrent de ce projet et que cette affaire doit être jugée sur le fond et non pas sur des (chicaneries techniques) inutiles. »
De leur côté, les représentants des gouvernements ougandais et tanzanien demandent à la cour d’appel de confirmer le jugement de première instance et de rejeter définitivement le dossier. La décision de justice sera rendue à une date ultérieure...
Le East Africa Crude Oil Project (EACOP) est un projet d’oléoduc chauffé de 1.443 kilomètres développé conjointement par le géant français TotalEnergies, la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC), ainsi que les compagnies pétrolières publiques d'Ouganda et de Tanzanie. TotalEnergies possède 62% du consortium qui détient la licence pour exploiter l'oléoduc.