Une première en France : le groupe Rocher condamné pour manquements à son devoir de vigilance à l’étranger
Le tribunal judiciaire de Paris a condamné jeudi le groupe Rocher, maison mère de la société de cosmétiques Yves Rocher, à verser au total 48.000 euros à six anciens salariés d’une ex-filiale turque pour manquements à son devoir de vigilance, une première pour des activités à l’étranger d’une entreprise française.
Le groupe Rocher est également condamné à verser 40.000 euros au syndicat turc Petrol-Is, d’après la décision consultée par l’AFP, qui est assortie d’une « exécution provisoire »...
« C’est pour empêcher la présence d’un syndicat et une négociation de salaires, que les salariés ont été licenciés en 2018 et en 2019, victimes d’une répression syndicale », a conclu le tribunal dans sa décision.
Contacté par l’AFP le groupe Rocher a fait savoir qu’il avait « pris acte du jugement » et qu’il « attend que la décision lui soit transmise pour décider de faire, ou non, appel », tout en réaffirmant « son attachement aux principes du devoir de vigilance »...
Dans le cas du groupe Rocher, le tribunal « a jugé que les Laboratoires de Biologie Végétale Yves Rocher avaient été défaillants dans l’élaboration de la cartographie des risques des plans de vigilance 2017 et 2018, qui ne comportaient aucune analyse des risques des filiales du groupe, demeurant limités aux fournisseurs et aux achats à risque du groupe », indique-t-il dans un communiqué jeudi.
Yves Rocher était accusée par les associations Sherpa et ActionAid France, le syndicat Petrol-Is, et 81 ex-salariés turcs, d’avoir manqué à son devoir de vigilance vis-à-vis de Kosan Kozmetik...